Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

28/11/2005

Révélation 1 : je suis beau quand je danse

Conseil : servez-vous un bon verre. C'est long.

Avec :

A : copine marseillaise passant le week-end chez son petit ami à Paris.

B : copain parisien, se déplaçant avec des béquilles pour cause de cinquième métacarpe douloureux.

C : copine de A, étudiante en sociologie (parler de Bourdieu ne la surprend pas !).

Adrienne, chanteuse pour le coup.

frère du batteur du groupe d'Adrienne (appelons-le D, si avec ça vous ne lisez pas jusqu'au bout...).

E : copine du petit ami de A (que nous appellerons F).

G : copine de A qui ne joue aucun rôle.

 

Vendredi 9:49 : je viens à peine d'ouvrir les yeux lorsque mon portable sonne. C'est A : "Salut c'est A. Je te réveille [tout juste]. Je suis à Paris. Est-ce que ça te dérange si je viens déjeuner chez toi demain. J'ai appelé B, il est partant. G viendra peut-être. [moi, naturel : Mais bien sûr, aucun problème]".

Samedi 13:15 environ : A arrive. G ne peut pas venir (d'où le fait qu'elle ne joue aucun rôle, mais il faut bien que je la nomme pour la citer). Mais C passera. (ça va vous suivez ?). On s'installe, A près du radiateur (la neige est tombée et dehors tout est blanc), moi sur une chaise. J'ai ouvert la bouteille de pacharan, alcool basque léger (25% vol.) à base de prunelles. Nous sirotons tranquillement. Elle me parle de son installation dans la campagne aixo-marseillaise, de son petit ami parisien (le syndrome de la femme gelée encore et toujours). Je lui parle ANPE, procès prud'hommaux. On parle de nos connaissances communes.

13:45 : B arrive, tout empêtré avec ses béquilles. Il s'affale sur le clic-clac, pestant contre le radiologue qui n'a rien détecté ("Alors cela veut dire que je n'ai pas mal ?"). L'apéro continue. Pistaches et Pringles (on ne change pas une équipe qui gagne). Les discussions vont bon train.

B a soudain envie de fumer. Mais pas de clopes - c'est ça d'être fumeur occasionnel ET imprévoyant. Il sort pour en acheter. Nous rigolons parce que pour ça, il a bizarrement moins mal au pied. Je sais ce que vous vous dites, mais non ma générosité ne va pas jusque-là. Il ne reviendra qu'une demi-heure plus tard, le bureau de tabac le plus proche étant fermé...

À son retour, je lance le repas, un plat appelé à tort (dixit un gastronome italien qui s'étrangle d'indignation à la seule évocation de la crème fraîche, selon lui historiquement destinée à couvrir les goûts douteux des aliments qu'elle accompagne) "spaghetti à la carbonara". Bref, ce plat étudiant simplissime qui consiste à ajouter aux spaghettis des lardons additionnés de crème fraîche - avec du poivre.

Le litre de pacharan (il y a un accent aigu sur le dernier "a") s'est allégé du quart de sa contenance. J'ouvre un Saumur rouge pour accompagner le plat. A et B me font compliment de ce plat délicieux (ils sont polis).

15:30 : je fais du café. C arrive. Elle nous parle de ses enquêtes sociologiques. On arrive même à caser Bourdieu. Le café n'a aucune honte à s'accompagner d'un petit calva (ça y est, la bouteille est finie, il n'en restait pas beaucoup).

16:30 : A et C s'en vont. Elles souhaitent discuter "entre elles". Nous devons les revoir le soir. Où et quand ? Mystère de la vie parisienne... les soirées se décident par le bouche à oreille et au dernier moment. B et moi repartons alors sur la bouteille de pacharan (toujours avec l'accent). C'est dingue ce que deux mecs peuvent papoter... Enfin, vers 19h00, alors que le pacharan n'est quasiment plus... un SMS tombe : rendez-vous est donné avenue de la République, entrée 10 euros, open bar, mais pas avant 22h00. B en profite pour me montrer les meilleurs moments de The Hours. Un film qui dépote tellement que j'en profite surtout pour faire un somme.

Après le DVD, nous tuons le temps qui reste en grignotant, en faisant un sort au reste du pacharan et en se réhydratant avec un thé fumé.

21h45 : nous nous mettons en chemin. Nous quittons le métro, B, les béquilles et moi, à la station Père-Lachaise. On se met en quête... d'un tabac ! Oui, il a déjà presque tout volatilisé ! Un bar où je vois que le XV de France mène 26 à 15 accepte de lui vendre un paquet sans prendre de consommation. Sympa ! Avenue de la République, rien. J'appelle A. "Si si, c'est la bonne adresse, xx avenue de la République à Aubervilliers". Argh ! "Tu sais que ton SMS ne précisait pas ce "léger" détail...". B est en pétard (crevant la balade en béquilles). Retour à la station Père Lachaise. Direction Stalingrad. Puis ligne 7. On arrive par Quatre-Chemins au lieu de rendez-vous (il y a une astuce là).

Au fond d'une allée, à la lueur d'une bougie, la caisse avec deux gars baraqués et deux caissiers. Je dis à B : "tu vois le type devant nous, je l'ai vu hier à la télé. Je ne me souviens plus son nom". C'est D en fait. Son collègue se fait momentanément refouler pour cause de produit pas très légal (enfin c'est ce que me dira B). Je paye. B paye. D et son pote font successivement tomber les béquilles de B (il faut dire qu'on n'y voit rien, il n'y a qu'une seule bougie pour éclairer tout ça).

Puis nous entrons dans la salle. Ancien gymnase ? Une mezzanine. Des tableaux aux murs et des sculptures en métal. Quelques fauteuils. Un groupe qui joue de la musique pop rock (appellation non contrôlée - trop nul je suis en appellations). À gauche, le bar, open (je précise pour ceux qui ont oublié. Le problème de faire long, c'est qu'il faut parfois rappeler les infos essentielles). J'appelle C pour lui donner le lieu exact de la fête. D'autres n'auront pas le courage de venir après s'être plantés.

Le bar, donc. Je décide d'en rester à la bière. J'ai oublié de préciser que malgré notre consommation raisonnable de l'après-midi, je me sens parfaitement clair. B prend un punch, puis se rend au vestiaire (1 euro) pour y déposer son sac, avant d'aller aux toilettes (pour femmes, mais les béquilles le protège de leur instinct territorial). En attendant, je me rapproche de la scène. Ils sont 7. C'est pas mal (je ne connais et ne connaîtrais pas leur nom et c'est tout ce que je peux faire en matière de critique musicale).

Je me sens toujours un peu bizarre dans ce genre de lieu. L'impression d'être à côté de la plaque. De n'avoir rien à faire là. Alors je scrute autour de moi pour essayer de trouver quelque chose à quoi arrimer ma réalité. Les gens qui m'entourent sont habillés avec plus ou moins de recherche. plutôt branchés, mais pas trop agressivement. Des personnes diverses cependant. Bizarrement, je n'ai pas envie de fuir. Peut-être parce que ça fait longtemps que je ne suis plus venu dans un endroit comme ça. Ou alors parce que je suis content de voir autant de monde. B revient. On écoute la dernière chanson du groupe. On mate un peu autour de nous. Il joue au jeu du "je connais tout le monde ici".

Adrienne, lunettes de soleil, s'installe sur scène avec ses musiciens. 5 chansons. Pas mal. Dommage qu'elle fasse les transitions avec un humour pas terrible.

Je me sens détendu. Je continue d'observer. C et son ami sont finalement arrivés. Puis A avec F et E. Je suis chargé de l'approvisionnement. En effet, il y a de plus en plus de monde et l'accès est moins rapide. De retour avec les consos, tandis qu'Adrienne a fini et que les DJ installent leur matos, j'écoute un petit concert de percus et je regarde une jeune fille pratiquer frénétiquement la danse africaine. Je parle un peu avec A, avec C aussi. Moins avec E, que je ne connais pas du tout.

Le temps s'écoule bizarrement. Les percus s'arrêtent. Les DJ commencent. Il est environ 1h00. Trois grands pôles dans la salle : le bar où l'on s'agglutine sur 4 ou 5 épaisseurs (4 vodka pomme et 3 bières - faire des réserves pour ne plus revenir, enfin soi-disant). Le milieu de la salle où les gens discutent. Où certains bougent apparemment sans but - c'est un petit truc : si vous ne connaissez personne, ne restez pas planté comme un piquet. Déplacez-vous même pour aller nulle part, vous aurez l'air moins cruche. Et le troisième, les danseurs. B dansouille avec ses béquilles. À côté de lui 4 filles qui forment un carré. L'une des filles me lance plusieurs regards que je fais semblant de ne pas remarquer (distanciation critique oblige). Autour, des mecs. Classique. Petit à petit le carré, une sorte de forteresse, est pris d'assaut et se disloque, des mecs s'intercalent ; ça me fait sourire, au moins intérieurement (je mets un ";" parce que je ne sais pas mettre "ç" en majuscule"). Finalement, je m'amuse bien dans cette soirée. Toujours les mêmes comportements, immuables.

A est sorti discuté avec F. Elle a des choses à lui dire apparemment. C et E accompagnent B sur la "piste". Enfin C surtout. Je retourne faire le plein... c'est qu'ils ont soif mes danseurs. Et le carburant semble se raréfier. À 2h00, il ne reste plus que du vin, vite épuisé. E en tient une bonne (elle dit le contraire mais bon, on ne me la fait pas).

Et là, miracle, mes jambes commencent à remuer en rythme (enfin autant que je sois capable de danser en rythme). Cela n'a rien d'exubérant. Sobre et de bon goût. Plutôt raide, bras ballants en fait - mais stop, ne pas dire du mal de soi. Le plus important, c'est que ce qu'on pense de moi à ce moment m'indiffère. Un vrai miracle je vous dis.

Quand on danse, on ne reste pas complètement sur place. Et je m'aperçois avec étonnement qu'une jeune femme inconnue se retrouve toujours miraculeusement à me frôler. Vous croyez au hasard dans le cadre de la thermodynamique des danseurs ?

Je la tiens ma révélation numéro 1 : je suis beau quand je danse !

Il est presque 3h00. A et F sont partis. Le copain de C aussi. Depuis un bon moment. B gère toujours avec ses béquilles. C propose que l'on s'en aille. Aïe ! Dilemme. Vite résolu. Point trop n'en faut. Je suis beau quand je danse certes, mais c'est un résultat satisfaisant pour la soirée. Pas besoin d'annuler ce résultat positif en tentant de vérifier que mon charme agit réellement sur la demoiselle.

Nous attendons B dans la cour. E se sert de mon puissant poitrail pour maintenir son équilibre. Pas désagréable. Elle est mignonne E... B, béquillant, sort enfin. Nous marchons jusqu'au boulevard. Nous n'avons même pas le temps de commencer la prière de tout noctambule parisien même à Aubervilliers "pourvu qu'on trouve un taxi" qu'un taxi s'arrête à deux pas, libérant ses passagers, fêtards tardifs. Encore un miracle !

11ème, 13ème, 14ème, 7ème. Ce n'est pas le compte est bon. C'est le trajet du taxi. Un chauffeur sympathique.

4h07 : j'allume le PC. Incorrigible accro. Vous vous êtes bien amusés sur la note précédente. Parfait.

Brossage de dents, verre d'eau, pyjama et dodo.

J'ai émergé vers 13h30.

Voilà, 24 heures dans la vie d'un Schleuder. J'espère que ça vous a plu...

(bon d'accord, j'essayerai de faire plus court pour les 19 autres)

Les commentaires sont fermés.