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01/02/2006

Page 10

Pourquoi je vous parle de mémoire et de moteur de recherches dans la note précédente ? Parce qu'il m'a fallu retrouver deux notes pour que celle-ci ne soit pas obscure. La première qui explique l'origine de la deuxième... et par suite de cette note-ci. Alors si vous vous demandez ce que Georges est devenu, voilà...

Il regarde sans voir les mots sur son écran, immobile. Le calme revient peu à peu dans son crâne. Il réfléchit à ce qui vient de se passer, à cette révélation, et le mot n’est pas trop fort. Enfin, il a un but. Reprendre la lutte. Contacter Pierre et se mettre à son service...

Sourire aux lèvres, il se lève et se dirige vers la salle de bains. Le souvenir de sa jouissance est encore intense, mais, bon, le sperme qui sèche, c’est pas terrible... Il se déshabille complètement et jette ses vêtements dans la machine à laver. Puis la douche. Son esprit est clair, sans inquiétude, sans angoisse, serein. L’eau chaude sur son corps lui fait du bien. Son sexe est encore si sensible que le moindre frôlement provoque un début d’érection. Les yeux fermés, il se savonne lentement, soigneusement, comme s’il voulait évacuer les années perdues...

Et tandis que la vapeur envahit la salle de bains, il se remémore ce qui vient de se passer. Oui, c’est ça la solution, la tolérance zéro avec les cons. Son sexe gonfle de nouveau, comme la joie qu’il sent gonfler dans sa poitrine. Sa main s’attarde sur son sexe... Non, pas maintenant, pas comme ça. Il coupe l’eau, attrape la serviette et s’essuie. Encore humide, il pose la serviette, s’approche de la machine à laver, verse la lessive et lance le programme.

Dans la glace embuée de la porte, il se trouve rajeuni, plus droit aussi, fier. Il n’a plus peur. Nu, il se dirige vers son armoire, choisit de nouveaux vêtements et s’habille en silence. Puis il se dirige vers le bureau, s’assoit devant l’ordi et tape quelques mots. Lance l’impression. Il attrape la feuille qui sort de l’imprimante et la contemple, satisfait...

Il enfourne ce qu’il reste de la ramette dans un sac plastique, attrape son blouson, le double des clés de l’appartement de Solange et s’approche de sa porte d’entrée. Il s’arrête une seconde. Pas de bruit à l’extérieur. Il ouvre la porte, sort et la referme. Sans hâte il prend l’escalier et monte chez Solange. L’immeuble est silencieux. Il entre chez elle. Elle n’a pas bougé (sic !). Il s’approche du canapé, la regarde quelques secondes. Bizarre qu’il ait pu la trouver attirante. Décidément, il n’allait vraiment pas bien se dit-il en souriant...

Il dépose la feuille sur le corps sans vie de Solange, puis, sans se retourner, quitte l’appartement.

 

 

Des coups impatients retentissent sur la porte.

« Entre ! » dit Pierre à Rodrigue qui s’introduit précipitamment dans la pièce. « Lis ça ! » lance-t-il en déposant devant Pierre le journal qu’il agite vigoureusement. « Tu ne vas pas en croire tes yeux » dit-il en se servant un whisky. Il s’adosse à la fenêtre et dit : « Incroyable tu ne trouves pas ? ».

« Incroyable ? C’est quoi ces conneries tu veux dire ? » . Pierre lit avidement.

 

Une femme étranglée dans son appartement. La police s’interroge.

 

C’est en rentrant d’un voyage à l’étranger, après 6 mois d’absence que Maurice K, 45 ans, mécano sur une plate-forme pétrolière, a découvert le corps sans vie de sa femme, Solange, 48 ans. D’après les premières constatations de la police, la femme aurait été étranglée plus tôt dans la journée. L’autopsie en dira certainement plus.

Le mari a été rapidement mis hors de cause. Il n’y a cependant pas de traces d’effraction, ce qui laisse penser que Solange K aurait ouvert à son assassin. Le connaissait-elle ? Le vol ne semble pas être le mobile du crime puisque d’après le mari rien n’a été dérobé.

Ce qui intrigue les enquêteurs, c’est la découverte sur le corps de la victime d’une feuille portant l’inscription suivante : « Front social, la lutte continue ! On sait que Pierre Schneider, leader de ce mouvement démantelé en 1985, a été libéré il y a peu. Plaisantin ? On voit en effet mal quel rapport il pourrait y avoir entre ce mouvement révolutionnaire et cette femme apparemment sans histoire.

Pierre lève les yeux vers Rodrigue, pose le journal devant lui, pointe le doigt sur la photo qui accompagne l’article et dit, complètement abasourdi :

« T’as vu ? »

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