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10/10/2006

Petite leçon d'économie

On entend souvent parler de "sciences économiques" (il est bien évident qu'il en faut plusieurs pour un sujet aussi vaste).

J'avoue que la dénomination "sciences" m'étonne beaucoup. Non pas que certains travaux ou recherches soient ponctuellement sans intérêt. Juste qu'il est évident que les théories économiques ne servent pas à faire des choix dans les possibilités offertes par la réalité. Tout au plus servent-elles à justifier a posteriori des choix déjà faits. Et quand je dis "justifier", je veux juste parler d'un habillage à peu près cohérent destiné à "l'opinion publique".

Parce qu'enfin, quelqu'un pourra-t-il m'expliquer la logique qui sous-tend les décisions prises chez Airbus ?

Airbus vend des avions. Jusque là tout va bien. Airbus fixe par contrat des dates de livraison, avec, vous voyez comme c'est bien fait, d'éventuelles pénalités de retard.

Jusque là je suis. Il s'avère que des retards sont à prévoir dans les livraisons. Ce sont des choses qui arrivent. Mais c'est là que ça dérape...

Parce que franchement, il ne vous paraîtrait pas logique qu'une entreprise dans cette situation s'empresserait d'engager du monde pour accélérer la fabrication, ces embauches devant, en toute bonne gestion, permettre de réduire les indemnités conséquentes de retard.

Et bien non, apparemment, il ne faut pas faire comme ça : licencier du personnel dans les sites de fabrication apparaît comme la chose la plus urgente à faire alors qu'aucun client n'a apparemment et pour l'instant annulé de commandes ! Il apparaîtrait en effet que la disposition de ces sites aurait besoin d'être rationalisée. Etonnant quand même que personne n'y ait pensé plus tôt !

Y'a bien une explication qui traîne : l'annonce de ces retards aurait fait chuter le cours des actions Airbus. Et les (gros) actionnaires verraient ça d'un très mauvais oeil. En conséquence, il faut tout faire pour que ce cours remonte et que ces actionnaires soient satisfaits.

La leçon est donc la suivante : la raison d'être d'une entreprise n'est plus de satisfaire ses clients en livrant les marchandises mais bien de ne pas faire fuir ses actionnaires.

Dommage, chercher à satisfaire ses clients ne fait pas partie des critères qui rassurent les actionnaires.

C'est ça l'économie moderne il paraît... Réjouissant !

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