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09/11/2006

Hypocrisie : on aurait trouvé son comble...

Nous sommes dans une société qui ne s'embarrasse pas de subtilités. Et certaines affaires sont assez édifiantes à ce sujet.

Les plombiers polonais cachent en effet parfois les coureurs cyclistes polonais. Un soigneur polonais travaillant pour une équipe professionnelle française faisait venir de jeunes cyclistes de son pays. Pour que ces derniers obtiennent des contrats professionnels, ils les incitaient à se doper. En échange de ce "coup de main", il touchait un pourcentage sur leurs gains.

Ce qui est implicite dans cette affaire, c'est que pour les décrocher ces contrats pros, il est nécessaire de se doper. Et nécessaire, non parce que les cyclistes sont plus mauvais que les autres, mais bien parce que les autres aussi se dopent.

Voue me direz que jusque-là, rien d'extraordinaire. Et c'est vrai. C'est tristement banal : dans un monde où seule la performance compte, tous les moyens sont bons pour les réaliser, en sport comme ailleurs.

Là où on frôle le comble de l'hypocrisie, c'est que l'employeur de ces coureurs, aujourd'hui que le trafic est découvert, a demandé à se constituer partie civile dans le procès des dopés, parce qu'il aurait subi un préjudice (sur son image probablement).

Hypocrisie donc, parce que cet employeur n'hésitait pas à licencier des coureurs pour "manque de performances". Employeur qui est entré dans le cyclisme professionnel en 1996, qui a donc eu le temps de savoir, notamment après l'affaire Festina en 1998 et les constantes rumeurs, que le risque était permanent, en terme d'image veux-je dire.

Je suppose que les contrats des coureurs comportaient des clauses de licenciement en cas d'usage de dopants. Il faut évidemment comprendre "en cas de dopage découvert".

Je trouve cette affaire parfaitement emblématique des moeurs de nos sociétés (au double sens du terme) : un juridisme pointilleux tout en moralité pour se couvrir mais une immoralité profonde dans les comportements. Au bout du compte, les comportements délictueux sont toujours officiellement des initiatives individuelles malheureuses alors que les individus n'ont jamais eu aussi peu de libertés : la seule qui leur reste, c'est être ou ne pas être cycliste. Mais s'ils choisissent de le devenir, tout le monde sait ce qui se passe ! Mais en apparence, rien d'organisé, ou alors à petit niveau... Quelque part, c'est beau. Fascinant même...

Pour les infos : un article de l'express, un autre de La Croix. Je vous conseille aussi fortement de lire le site Cyclisme&dopage. On y trouve à peu près toutes les affaires, petites et grandes. Ce site a dressé une liste de toutes les affaires révélées depuis la nuit des temps. Dommage que la CNIL, au nom du respect de la vie privée, ait rendu cette liste anonyme.... Hypocrisie quand tu nous tiens...

17:45 Écrit par Schleuder | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : dopage, cyclisme, hypocrisie, triscotte

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